
IL y a deux ans que l'idée est née. Pour désenclaver le quartier de la Noue, situé sur les hauteurs de Bagnolet, la municipalité a imaginé mettre en place un téléphérique à partir du métro Gallieni. Mandaté par la ville, le cabinet Egisrail vient de rendre les conclusions d'une étude de faisabilité qui doit encore être présentée au Syndicat des transports d'Ile-de-France.
Voici les grandes lignes du projet qui pourrait voir le jour d'ici à un an.
Deux minutes de trajet. Aujourd'hui, les bus ont du mal à circuler jusqu'à la Noue. Les intervalles entre deux bus sont d'environ dix minutes aux heures de pointe. Et les trajets entre la gare routière et la Noue durent en moyenne douze minutes. Vingt minutes à pied. Avec le télériphérique urbain, qui pourrait s'inspirer de celui de Medell í n installé par la société Pomagalski en Colombie, le temps de voyage étalé sur les 550 m de dénivelé est réduit à deux minutes. « Au-delà du gain de temps, cela devrait être un plaisir d'apprécier les lieux depuis le ciel », commente le maire PCF de Bagnolet, Marc Everbecq.
Facile et pas cher à réaliser. Deux wagons de trois voitures accrochés à deux filins, eux-mêmes supportés par cinq pylônes et deux gares construites à l'arrivée et au départ. Contrairement aux idées reçues, un téléphérique est plutôt simple à installer. D'autant qu'à Bagnolet, il surplombera le parc départemental des Guilands-Jean-Moulin où il n'y a pas de logements. Aucune préemption ne sera donc nécessaire. Le coût du projet est estimé à un peu plus de 8,5M€. « Des banques telles que la Caisse d'épargne sont aujourd'hui intéressées à l'idée de financer l'installation », précise un technicien qui travaille sur le projet depuis deux ans.
Un million de voyageurs par an. Selon l'étude de faisabilité dont les conclusions ont été rendues le 20 décembre dernier, un million de voyageurs annuels pourraient être concernés. Le quartier de la Noue comprend des habitations - de la copropriété de la Noue et du Clos- Français - mais également la zone industrielle : au total quelque 7 000 personnes qui y vivent ou y travaillent. Le cabinet mandaté s'appuie également sur le nombre d'usagers actuel des trois lignes de métro et des six lignes de bus qui passent par la gare Gallieni à la porte de Bagnolet. « A titre d'exemple, aujourd'hui, en bus, un peu plus de 2 000 voyages sont quotidiennement effectués entre le plateau et la gare. A cela s'ajoute le nombre d'usagers du métro », souligne l'un des experts dans son rapport. « Le système doit permettre d'assurer dans un premier temps un débit d'au moins 500 personnes par heure et par sens. » L'idée étant de proposer un ticket de transport qui ne dépasse pas 1 € l’unité.