Les tribulations d'une Oursonne libre râleuse à travers ses voyages et sa vie de tous les jours avec son Jules et l'adorable yaya
L’instruction sur la mort de l’ourse Cannelle se termine par un non lieu. René M., le chasseur qui a tué la dernière femelle d’origine pyrénéenne à Borce le 1er novembre 2004 repartira sans procès. Légitime défense ! Etat de nécessité absolue! L’ours des Pyrénées n’est plus une espèce protégée. La porte est ouverte aux chasseur. Il suffira de plaider l'état de nécessité absolue..
Cannelle : Pas de procès pour le chasseur qui l'a tué.
Aujourd’hui, 19 janvier 2007, une ordonnance de non-lieu a été rendue à Pau dans l’instruction sur la mort de l’ourse Cannelle, tuée par un chasseur en Vallée d’Aspe (Pyrénées-Atlantiques) en novembre 2004, a indiqué vendredi à l’AFP le procureur de la République Erick Maurel. Le chasseur, René M., 64 ans, avait été mis en examen le 7 décembre 2004 pour « destruction d’espèce protégée ». Il a toujours affirmé n’avoir tiré qu’en dernier recours, après avoir cherché à éviter l’animal à plusieurs reprises, lors d’une partie de chasse en montagne. L’Etat ainsi que 19 associations environnementales s’étaient portées parties civiles dans le dossier.
Le juge d'instruction de Pau, Jean-Luc Puyo, «a notifié sa décision aux parties», a précisé vendredi le procureur de la République Erick Maurel, confirmant une information révélée par La République des Pyrénées dans son édition de vendredi. La décision «correspond aux réquisitions du procureur de la République», a-t-il ajouté.
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photo de cannelle et son petit
L'occultation Artza
Stephan Carbonnaux
Je vois dans la disparition de la dernière ourse du lignage pyrénéen une grande perte pour la nature sauvage (préférée au concept fumeux de biodiversité), mais je la vis aussi comme une occultation de notre plus vieille histoire, de notre plus ancienne spiritualité.
On a coutume, chez les progressistes, de qualifier les âges anciens de périodes sombres que je considère pour ma part comme des âges farouches. Aux temps glorieux du paléolithique, en certains lieux et grottes, où l’on a pu compter jusqu’à cinq mille squelettes d’ours, se déroulaient un culte immémorial que nos officiels récusent, mais que nos frères eurasiatiques du nord du Japon, les Aïnous, d’ultimes sibériens et peut-être quelques Lapons pratiquent encore aujourd’hui. Conscients ou pas, nous portons tous un dépôt de ces âges farouches où l’homme peignait à la lueur des torches et vénérait l’ours, ancêtre primitif de l’humanité.
C’est donc à la Toussaint, la veille du jour des défunts, qu’une lignée vieille de cent mille ans a été condamnée à s’éteindre faute de femelles pour assurer sa survie. Si j’ajoute que l’ourse “Cannelle“ est morte au-dessus des gorges d’Enfer - je n’invente rien -, on ne sera pas autorisé à toutes les spéculations ésotériques ; cependant on jugera que le destin avait bien fait les choses en choisissant la date et le lieu. Nous savions bien sûr au fond de nous que cette tribu était condamnée - pourtant sa proche disparition constitue une rupture symbolique avec les Pyrénéens de nos vallées, qui d’ailleurs eux aussi ne se portent pas très bien.
Les institutions plus ou moins compétentes, et rétribuées à ce titre, n’ont aucune espèce d’excuse à produire devant pareil épilogue. En première ligne, l’Institution Patrimoniale du Haut-Béarn, dirigée depuis sa création par Jean Lassalle, restera dans l’histoire de notre pays, et des Pyrénées tout entière, un établissement fautif qui a su irrémédiablement gâcher toutes les chances qui s’offraient à lui. Jean Lassalle, dont les pouvoirs sont très importants (maire, vice-président du Conseil général des Pyrénées-Atlantiques, député, président de l’association des populations des montagnes du monde, fidèle de François Bayrou, etc.), est l’homme sous l’ère duquel s’est éteinte la dernière ourse d’une espèce qui précéda nos semblables dans les vallées. Quoi qu’il fasse dans les mois qui viennent, alors qu’il est en politique depuis plus de vingt ans, on jugera vite sa responsabilité comme écrasante : il vivait encore 15 ours dans les Pyrénées occidentales en 1983 et tout était alors possible.
Aucune “réparation“, aucun “remplacement“ ne viendront effacer cette faute originelle. À compter d’aujourd’hui, une autre histoire commence, en germe depuis la première réintroduction d’ours de Slovénie en 1996, celle des ours dans les Pyrénées. L’ours des Pyrénées, lui, aura bientôt vécu.
De nature sceptique, voire pessimiste, je formule toutefois ce vœu : puisse la nouvelle lignée d’ours nous pousser au-delà des considérations politiciennes, égocentriques, mercantiles, publicitaires, touristiques, ou faussement scientifiques qui ont accompagné la fin de l’ours des Pyrénées.
Le temps est venu de servir l’ours et non plus de s’en servir.
par Stéphan Carbonnaux
pour plus d'information sur les ours en France :
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